La mer en bouteille

 

 

Regarde-moi vivant… Et garde-moi longtemps

Regarde-moi craquant, comme à la mer abjecte

On dirait un bateau, sans voile, qui se bat

Regarde-moi là-bas,

Les os déjà rongés de souvenirs à vendre

Regarde-moi vieilli... Et de peur ...Et d’ennui

 

D’une mer en bouteille à ses phrases d’errance

J’en ai fait la chimie d’authentiques Espagnes

Des entames du jour, en  baisers en partance

Une amorce d’aimer sous un mât de cocagne

 

De fragrances et d'éther où le ciel se penche

J'en ai pris mille mots à la rime jolie

D’une usure à mon trait où le temps se déhanche

Quelques traces d'un autre à la page jaunie

 

Tout, de ces moments-là quand je parle à la nuit.

Seul à seul et la tête, un peu dans les étoiles

Avec mes yeux tout creux et ce chien dans mon lit

Qui me gueule le vent, d’une mer et ses voiles

 

La mémoire enfermée dans mon vers ambiguë

En lambeaux d’une langue à la Une de moi

L’alphabet comme un cri sous l’accent des aigus

Anonyme en mon chant où le verbe s’en va

 

Où des plâtres ont vieilli jusqu’au seuil du silence

L’écriture en longueur où la lune se plie

 où s’endort complice en un lit de faïence

L’inconscience d’aimer en échange d’oubli

 

   Jacques Gourvennec                                                                                                                            


    Passer à la page suivante    

 

Voir aussi le site de  Sonia Chaton     " Ophelia"